Ariane Tillenon

ariane.tillenon@gmail.com
Sous la direction de Soko Phay


La colonisation et la guerre d’Algérie
chez les artistes de la post-indépendance :
Confrontations, traductions et transmissions des mémoires.

Résumé de thèse :

Face au manque de narration à propos de la colonisation, et de la guerre d’Algérie pour les un-e-s, guerre de libération pour les autres, il est de plus en plus pressant de lever l’occultation sociétale et institutionnelle qui pèsent aujourd’hui à propos de cette période historique.

Les artistes de la génération né-e-s après l’indépendance en 1962 produisent de plus en plus d’œuvres qui interrogent cette histoire refoulée. Parce que traumatiques, les générations en lien direct avec ces évènements se sont pour la plupart enfermées dans le silence ou dans des stratégies de redondances discursives qui viennent faire camouflage. Les artistes de la génération suivante, sensibles à cet héritage malgré-eux, deviennent dépositaires d’une histoire traumatique collective et familiale non élucidée. Cette recherche met en perspective les travaux artistiques de cette génération de la post-indépendance qui problématise la transmission (culturelle, collective et transgénérationnelle), l’écriture de l’Histoire et des mémoires à propos de cette période. Dans cette étude s’agit de confronter les œuvres qui questionnent les mémoires d’Algérien-ne-s, Pieds-Noirs, Harkis, Soldats, Porteurs de valises, Berbères, Messalistes etc., laissant apparaître la multiplicité des points de vues et des expériences qui viennent aujourd’hui se télescoper. Les travaux des artistes donnent à voir des récits personnels qui offrent une vision complexe de ce qu’ont été les différentes périodes et étapes de la colonisation en Algérie. Et ce, selon les régions et les classes sociales qui s’imbriquaient avec des règles bien précises de hiérarchies établies selon les origines géographiques. A cela s’ajoutent les expériences liées aux cohabitations des intimités dans les maisons coloniales et les rapports de forces qui s’établissaient dès lors, et où s’entremêlaient les affects.

Au cours de cette recherche, je propose d’analyser dans les œuvres la transmission et l’écriture des mémoires à travers le prisme de la traduction. C’est à dire de problématiser la tâche de l’artiste dans la transcription des subjectivités des expériences d’une part et d’une écriture descriptive d’autre part.

Il est également nécessaire de questionner le regard des artistes aujourd’hui à propos des stratégies de refoulements de ces histoires et leurs interactions dans notre société française avec les processus d’inventions de soi que mettent en œuvres de telles enquêtes artistiques. Tout en mesurant l’impact de ce déni dans la société française, il s’agit d’analyser les enjeux de la notion même d’ « identité-s » que sous-tend l’héritage de la colonisation en Algérie chez les artistes de la post-indépendance.


Conférences

• Conférence dans le cadre de « Replay, récréation, restitution, pour une typologie
de la reprise des archives » en collaboration avec le Labex Arts H2H, Les Archives Nationales, le CNAP, l’université Paris 8, le CNDC d’Angers à l’ENSA Paris-Cergy.

• Conférence « A propos du Mapping Journey Project de Bouchra Khalili » dans le cadre de l’exposition « Logique de la mappemonde », à La Box, Bourges.


Collaborations et expositions

• Co-fondation du collectif artistique Futurs Antérieurs.

• Co-commissariat pour l’exposition « Des espaces autres », Stéphanie Nava, Allan Sekula et Roberto Rossellini, en collaboration avec le FRAC Centre et l’ENSA Bourges à La Box, Bourges.

• Exposition collective « John Doe (un futur arrivé à son terme) », Emmetrop, Bourges.