EG/O/NLINE


Sous la direction d’Agathe Lichtensztejn & François Soulages

Mardi 18 octobre 2016
Université Paris 8
Salle Deleuze

Le selfie, forme proéminente de la fascination culturelle contemporaine pour l’exercice de l’auto-représentation, est passé en l’espace de quelques années à peine de phénomène social à une entrée remarquée dans le dictionnaire, jusqu’à son intronisation dans les galeries en tant que forme d’art, voire demain une manière de paiement en ligne et, corrélativement, une preuve d’authenticité de son identité réelle. Le selfie est donc devenu non seulement un moyen d’expression de soi, mais également une forme créative de self-branding («marque»).

La problématique de cette Journée d’Etude porte sur le selfie – comme forme d’images conversationnelles –, et les selfies – comme artefacts picturaux. Ils sont envisagés non pas comme un phénomène ou une mode de plus qui hante les réseaux socio-numériques, mais comme une manière d’être et d’apparaître à soi et au monde, aux prises avec la validation sociale et l’espace réticulaire. Ils questionnent l’identité globale dans le monde d’aujourd’hui, auquel les écrans sont désormais totalement intégrés. Poreux l’un à l’autre, monde physique et monde des écrans agissent désormais de concert pour conduire à un être-au-monde jusqu’à présent inédit, où l’être humain va vers le monde et le monde vers l’être humain, dans la vie et dans les écrans simultanément. En effet, peut-on réduire l’incidence des selfies à leur seule existence numérique ? Quelle est l’importance de leur engagement critique ?

Cinq types d’enjeux s’imposent :
- Éthique : quelles sont les responsabilités de l’imageur et du regardeur dans le processus génératif et de publication des selfies ?
- Psychologique : que nous disent les procédés de tautologie de soi des individus imageurs ?
- Politique : en quoi les selfies constituent une nouvelle forme d’esthétique de la résistance en questionnant la représentation de soi, notamment militante (féministe, body-shaming, militantisme politique et social...) ?
- Artistique : objet d’art ou objet sans-art ? Quelle est la recevabilité artistique des selfies d’amateurs ?
- Esthétique : est-ce qu’on peut parler d’une esthétique du selfie ?

La Journée d’Étude EG/O/NLINE, le sel e sera transdisciplinaire, a n de développer une ré exion sur l’autoportrait paradigmatique du monde actuel. Elle sera suivie par la publication d’un livre en janvier 2017.

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