DANSER / RESISTER

Le 11 janvier 2018 à 19h, une table ronde est organisée dans la Bibliothèque de l’Hôtel de Ville en présence de Nadia Vadori-Gauthier et de l’éditrice Marianne Théry et des auteurs Éric Bonnet, Flore Garcin-Marrou, Barbara Glowczewski, Roland Huesca, Katia Légeret etMarie-Luce Liberge.

La jauge étant limitée et les règles de sécurité d’accès au lieu très réglementées, il est nécessaire d’être sur liste pour accèder à cet événement. Pour garantir votre place, nous vous conseillons de réserver en suivant ce lien.

Ce livre est publié par les Éditions Textuel, avec le soutien du CNL (Librairie de la Danse), Paris Réseau Danse et Mains d’Œuvres

216 pages / 18 x 24 cm / 35€

Parution 3 janvier 2018

« Danser, résister ; répondre à la stupeur par un geste, sortir au lieu de se terrer ; opposer la vie à la mort ; initier un mouvement pour ne pas céder à la peur où à la pétrification ; danser comme on manifeste, pour œuvrer à une poésie vivante, pour agir, par le sensible, contre la violence de certains aspects du monde, est une réponse possible, infinitésimale, à la barbarie.
L’art peut-il changer le monde ? La danse peut-elle contribuer à modifier nos regards
et nos modes d’entrée en relation, les uns avec les autres ? »

Nadia Vadori-Gauthier

 

En janvier 2015, suite à l’attentat à Charlie Hebdo[1], Nadia Vadori-Gauthier, danseuse et chercheuse en art, s’est engagée dans un acte de résistance poétique : Une minute de danse par jour[2]. Ce geste quotidien de performance consiste dès lors à danser, pendant une minute et quelque, chaque jour, où qu’elle soit, à filmer cette danse et à la poster en ligne le jour même. Ce projet a été acté au jour le jour, par les danses qui ont eu lieu de façon effective et qui, sur Internet, se diffusent en dehors du contexte dans lequel elles ont surgi. L’ensemble constitue une œuvre à laquelle l’artiste a consacré 1001 jours consécutifs, en connexion au monde qui l’entoure.

L’édition d’un ouvrage qui rassemble le cœur de cette œuvre nous paraît nécessaire afin de donner de la visibilité à ces champs de recherche en articulant l’acte de résistance artistique à la part théorique dont il est indissociable. Car la résistance par le sensible et la création peut être accessible à tous et jouer un rôle dans l’époque de transition et de violence que nous traversons.

Nous avons demandé à chercheurs spécialistes de ces questions d’articuler, à travers leurs analyses, les champs de l’art, de l’histoire de l’art, de la danse-performance, de la résistance, de la philosophie et de l’anthropologie. Ils portent, à travers ces textes théoriques inédits sur le thème de la danse et la résistance, un regard sur ce projet exceptionnel afin que les perspectives qu’il ouvre et les questionnements qu’il implique puissent se partager et se diffuser. Éric Bonnet, spécialiste de l’image, s’attache à la dimension collective et furtive du corps dans l’espace public ; Flore Garcin-Marrou, philosophe spécialiste de performance et de questions écosophiques, énonce un corps micropolitique vecteur d’une pensée vivante ; Barbara Glowcewski, anthropologue, aborde les questions de la danse comme révélateur de l’environnement et de l’invisibilisation de soi-même en relation avec le monde rendu visible par ce procédé-même ; Roland Huesca, expert en danse et histoire de la résistance en danse, développe les axes de résonance, de partage du sensible et de micro-utopies comme armes face à l’anesthésie, la peur et la tentation de l’oubli ; Katia Légeret, spécialiste de la transculturalité, de recherche-création et de médiation, s’intéresse aux normes ainsi repensées par cet acte de questionnements des frontières ; Marie-Luce Liberge, dont les recherches s’articulent autour de questions du rire et de la résistance, analyse la violence et les moyens de s’y confronter par cette danse relationnelle ; Nadia Vadori-Gauthier détaille les moyens et concepts qu’elle met en œuvre, établissant des liens à des références artistiques et philosophiques. Elle nous livre l’expérience de cette traversée sensible du réel. Elle donne par ailleurs un « mode d’emploi » d’une minute de danse. Tous apportent ainsi un regard éclairant sur la question de la danse et de la résistance microlitique à travers ce projet unique, et plus largement de l’art comme voie possible de réponse face à ce qui n’a pas de mots. Autant de regards inédits sur ce projet qui permettent de présenter la résistance comme un devenir-résistance au quotidien. Car il ne s’agit pas ici de résistance frontale, mais de comprendre les moyens et perspectives d’une résistance micropolitique, moléculaire qui implique une expérimentation au quotidien.



[1] L’attentat contre Charlie Hebdo est une attaque terroriste islamiste perpétrée contre le journal satirique Charlie Hebdo le 7 janvier 2015 à Paris.